TSUJI’s books

PIANISSIMO PIANISSIMO

Tôru, douze ans, vit dans un monde sans éclat, privé de nuances. Tokyo, son collège, ses parents, ou plutôt ses "Beurks": tout lui semble envahi par la grisaille. Dans cet environnement. Tôru est le seul à rire et à rougir des espiègleries de Hikaru, et pour cause : son compagnon farceur reste invisible des autres élèves. Tôru est le seul, aussi, à s'intéresser à Shirato, un mystérieux garçon en jupe. Le seul à rester muet sur les forums et autres chats prisés par ceux de son âge, bien qu'il s'y réfugie chaque soir, en simple visiteur. Tôru est ainsi spectateur d'un univers où le virtuel et le réel sont indiscernables. Spectateur, jusqu'au jour où il ose se lier avec une inconnue contactée sur Internet et où plusieurs élèves sont témoins d'une glaçante apparition : un fantôme. Tous pressentent une menace. Tôru s'aventure alors dans le monde souterrain qui les observe et les commande... Variation autour du mythe d'Orphée, cette fable moderne nous entraîne dans les méandres de l'imaginaire d'un adolescent qui ne connaît pas les limites du rêve, du fantasme, de l'angoisse et qui, confronté au cynisme des adultes, va chercher, pianissimo, un sens à donner à sa vie.

Objectif

Regarder l'autre, c'est déjà commencer à l'aimer. Enfant, la jeune femme qui raconte souffrait d'un isolement et d'une timidité quasi phobiques. Jusqu'au jour où son père lui a offert un appareil photo. L'objectif devient filtre vital, sinon philtre d'amour. Adulte, la narratrice, toujours en lisière de sa propre existence, observe et capture comme d'autres chassent et se nourrissent. Invariablement, ses amours passent par ce médium prothétique mi-masque, mi-béquille. Entre confidence et témoignage, elle remonte le fil d'une liaison amoureuse restée comme en suspens après la rupture. Réserve des débuts jamais tout à fait dissipée, déchaînement des élans, légèreté de la complicité, poids des silences. En fouillant cette mémoire vive à la faveur de retrouvailles épisodiques, la jeune femme va aussi progressivement se confronter à son propre besoin d'être aimée. Et à son tour, regardée.

Tokyo décibels

Roman singulier qui décrit les périgrinations d'un jeune homme à Tokyo et dresse une carte sonore de la ville et des sentiments.

La Lumière du détroit

La maison d'arrêt d'Hakodate était l'unique établissement pénitentiaire du Japon proposant des cours d'entraînement naval. Cette année-là, dix détenus devaient bénéficier de cette formation et je découvris avec stupeur parmi eux un de mes anciens condisciples de classe. Je fus plus abasourdi encore par le fait que cet ancien camarade n'était autre qu'Osamu Hanai... Saitô, le narrateur, un des gardiens de la prison, apprend que le nouveau prisonnier a agressé et grièvement blessé au couteau un passant dans la rue, sans raison aucune. Il se souvient alors du petit garçon qui le terrorisait autrefois et avait fait de lui son souffre-douleur. Dix-huit ans se sont écoulés et Saitô, fasciné, va voir Hanai, pervers, manipulateur, imposer comme autrefois sa loi à tout son entourage. Et la question qui ne va pas cesser de le tourmenter, de l'obséder, c'est de savoir si Hanai l'a reconnu ou non. On ne le découvrira qu'à la fin surprenante de ce bref et implacable roman.

LA PROMESSE DU LENDEMAIN

Qui est cette inconnue qui se rend jour après jour à la poste pour observer le guichetier à la dérobée ? Savez-vous que là où vit la jeune Acacia, le temps n'existe pas ? Pour quelle raison cet homme qui s'amuse des heures avec les pigeons se laisse-t-il envahir par une tristesse infinie au moment de rentrer chez lui ? Quel est ce mal qui rend tous les habitants d'un pays sans nom incapables de chanter ? Pourquoi ce petit garçon s'est-il choisi pour héros un SDF qui porte un sac de toile sur la tête, et pourquoi massacre-t-on soudain tous les chiens de son quartier ? Coincée avec son petit ami tout en haut de la grande roue, cette femme trouvera-t-elle la force de lui dire qu'entre eux, c'est fini ? Les réponses à ces questions soin à découvrir au fil des nouvelles de Hitonari Tsuji. Dans ces histoires en forme de fables, le poète se fait le chantre des amours qui naissent puis se fanent, de la solitude résultant de l'incommunicabilité, de la violence du monde. Ainsi, au détour de phrases pures, limpides, lumineuses, surgissent l'étrangère et les ténèbres. Hitonari Tsuji est né à Tokyo en 1959. Créateur protéiforme, il incarne au Japon une certaine idée de la modernité artistique. Considéré comme un des chefs de fille d'une nourelle génération d'écrivains, il a atteint une renommée internationale arec Le Bouddha blanc (Mercure de France, prix Femina étranger 1999) et En attendant le soleil (Belfond, 2004).

Le Bouddha blanc

"Le coeur de Minoru bondit soudain dans sa poitrine. Son regard glissa lentement du cou d'Otowa vers sa nuque, ses oreilles, sa bouche. C'était la première fois qu'il désirait une femme mais, naturellement, l'enfant de sept ans n'avait aucune conscience de l'instinct sexuel qui germait en lui. Elle le prit dans ses bras. C'était un geste tendre de soeur aînée, mais en sentant contre lui les rondeurs féminines sous le kimono aux motifs indigo, une gêne indicible envahit Minoru."Un terrible drame va séparer très tôt la séduisante adolescente et le petit garçon. Mais devenu un célèbre armurier, marié, père de six enfants, Minoru Eguchi n'oubliera jamais son premier amour. Au soir de sa vie, c'est vers son souvenir qu'il se tourne en même temps que vers un passé où les disparus tiennent de plus en plus de place. Naît alors en lui l'idée de faire édifier une statue de Bouddha à partir des cendres de tous les morts de son village - dont Otowa - réunis en une sorte d'égalité originelle...Pour écrire Le Bouddha blanc, Hitonari Tsuji s'est inspiré de l'histoire de son grand-père.

EN ATTENDANT LE SOLEIL

Chef de file de la scène littéraire japonaise, à l'instar de Haruki Murakami et de Ryu Murakami, Hitonari Tsuji signe un roman audacieux et brillamment composé. Une œuvre intense, émouvante, une réflexion sur la mémoire, la mort, l'amour. Dans l'île de Hokkaido, où il tourne ce qui doit être son chef-d'œuvre, le grand réalisateur Inoue, quatre-vingts ans, attend. Il attend de retrouver la lumière qui flottait sur Nankin en 1937, lors de la prise de cette ville chinoise par les troupes japonaises. Cette lumière qu'il a toujours gardée en mémoire. Shiro, responsable des décors sur le tournage, attend lui aussi. Que son frère Jiro, grièvement blessé après un règlement de comptes mafieux, sorte enfin du coma, de ce sommeil profond où il vit et revit inlassablement son enfance. Fujisawa, un yakusa, attend fébrilement de retrouver un cartable d'écolier qu'il avait confié à Jiro. Un cartable au contenu si précieux, si dangereux qu'il a des airs d'apocalypse. Ils attendent. Que l'amour les délivre de la douleur. Que l'art leur apporte la rédemption. Que se referment enfin sur eux les blessures de l'Histoire... Polar philosophique mêlant les dimensions du rêve et du réel, du fantasme et du souvenir, En attendant le soleil entraîne le lecteur dans une vertigineuse traversée du XXe siècle.

Dahlia

« Si je suis le diable, que vas-tu faire ? demanda Dahlia. Car tu m’as vendu ton âme. Certes, tu ne t’ennuies plus, mais en même temps tu es bien malheureuse ! C’est ce que tu as voulu, non ? » Dahlia est un garçon inquiétant qui s'introduit dans une famille ordinaire, en séduisant la mère, les enfants, le père... Sur les traces de Théorème, l'écriivain japonais Tsuji écrit un conte fantastique où les morts se mêlent aux vivants et où le diable ressemble à un ange.

L'Arbre du voyageur

Peu après son entrée en primaire, il avait tranquillement quitté la maison. " L'école, ça ne lui a jamais beaucoup plu ", disait ma mère avec un sourire fataliste. Mon frère était donc parti sur un coup de tête, sans que rien laissât deviner cette intention. Ces escapades se renouvelèrent. Parfois il ne rentrait pas de toute une journée, voire deux. Au début, mon père et ma mère crurent devenir fous... Puis, au milieu du tourbillon qui bouleversait toute la maisonnée, le principal intéressé revenait sans crier gare, l'air aussi étonné que si toute cette agitation ne le concernait en rien... Mais, devenu adulte, Yûji finit par disparaître pour de bon, sans plus jamais donner de nouvelles. Dix ans plus tard, son jeune frère décide de partir à sa recherche. Au cours de ce qui va vite faire figure de quête initiatique à travers les lieux cultes d'un Tokyo ultra-branché, il va découvrir tous les dangers qui guettent le " voyageur " égaré dans le monde moderne : la violence, la drogue, les sectes... L'étrange personnalité de Yûji, qui inspire à la fois répulsion et bizarre sympathie, se révèle peu à peu, pour se dérober ensuite - jusqu'au coup de théâtre final.