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"Les Invisibles " L'exposition Hitonari Tsuji à Lyon

Mari Katagiri

Le 10 octobre 2026

Ma rencontre avec la peinture de Hitonari TSUJI remonte à 2024, lorsque j’ai découvert des reproductions des œuvres présentées lors de son exposition personnelle, Le visiteur, au grand magasin Isetan de Shinjuku, à Tokyo.

J’avais alors vu de nombreux tableaux représentant Paris, notamment ceux des impressionnistes. Pourtant, le Paris de Hitonari TSUJI possédait une fraîcheur singulière, à la fois contemporaine et profondément personnelle, qui m’a immédiatement touchée. Je me souviens avoir pensé : « J’aimerais voir les œuvres originales. »

À l’automne 2025, je suis tombée par hasard sur son exposition personnelle Hitonari TSUJI, présentée dans le Marais, à Paris. C’était la première fois que je découvrais ses œuvres de près.


La minutie de son geste pictural se déployait sur toute la surface de ses grandes toiles. Des plantes et des fleurs semblaient s’élancer dans toutes les directions, une immense cavité évoquait un cratère, tandis que des fleurs se déversaient dans un mouvement continu. L’ensemble formait comme un petit cosmos. Le monde qui surgissait de cette palette restreinte, dominée par le noir, le blanc, des bleus sourds et du jaune, était mystérieux. On y sentait la présence d’histoires et de musique, ainsi qu’une énergie saisissante.


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À la fin de ma visite, TSUJI est sorti de l’arrière-salle en disant : « C’est peut-être à mon tour d’entrer en scène. » Nous avons commencé à parler de son travail, de sa manière de peindre et de ses techniques. Au fil de la conversation, l’idée d’organiser une exposition à Lyon a naturellement émergé. C’était une grande joie pour moi de voir se réaliser ce projet d’exposition dont je rêvais, sans penser qu’il pourrait un jour devenir réalité, grâce à l’accord enthousiaste de l’artiste.

Ma galerie privilégie la peinture contemporaine. Je souhaite faire découvrir des artistes au regard singulier, engagés dans une recherche personnelle et profonde, quelle que soit leur origine ou leur discipline. Je souhaite également contribuer à faire connaître à Lyon la diversité des expressions artistiques japonaises. C’est dans cette perspective que j’ai présenté des œuvres relevant de la peinture japonaise, de l’art d’avant-garde, de la calligraphie contemporaine et de la photographie.

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Romancier, musicien et peintre, Hitonari TSUJI a développé une manière de créer qui lui est propre : il inscrit d’abord quelques mots sur la toile, puis laisse les images se déployer à partir de ces mots. À l’expérience qu’il a acquise en passant d’un univers créatif à l’autre — la littérature, la musique et la peinture — s’ajoute une sensibilité aiguë, capable de percevoir même ce qui échappe au regard. Je retrouve tout cela dans ses œuvres picturales. C’est précisément pour cette raison que j’ai souhaité présenter son travail dans ma galerie.

L’exposition consacrée à l’artiste, qui débutera le 4 novembre 2026, s’intitule « Les invisibles ». Elle présentera une série de peintures abstraites, dans un style nouveau, différent de celui de ses œuvres précédentes. On peut y voir des paysages issus de cette « mémoire au-delà du souvenir », profondément ancrée en lui : des paysages qui s’étendent au-delà du monde que nous gardons en mémoire et que nous percevons, et qui ouvrent sur un autre paysage.


Lyon, connue pour sa gastronomie et sa soie, est également liée à la Fête des Lumières, aux frères Lumière et à Antoine de Saint-Exupéry. Tous les deux ans, la Biennale de Lyon en fait l’un des grands rendez-vous internationaux de l’art contemporain en France.

Lors de la Biennale, les œuvres d’artistes du monde entier, sélectionnés par les commissaires d’exposition, sont présentées dans différents lieux de la ville. Le programme associé « Résonance » met en lumière les artistes qui font vivre la scène artistique locale. Cette année, l’exposition de Hitonari TSUJI a été sélectionnée dans le cadre de ce programme associé « Résonance » de la Biennale.

Je pense que sa démarche, qui relie la création à la vie quotidienne dans une approche ouverte sur la société, ainsi que son œuvre, ont été appréciées pour la résonance qu’elles entretiennent avec le thème de la Biennale de cette année : comment l’art peut-il transformer notre société actuelle ?


Il y a dans une œuvre originale quelque chose que ni les images ni les mots ne peuvent transmettre. Je souhaite que, face aux œuvres picturales de Hitonari TSUJI, vous puissiez ressentir ces « invisibles » qu’il fait surgir sur la toile.

Cet automne, je vous invite à Lyon pour découvrir cette exposition.

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GALERIE 48 Mari Katagiri
Hitonari TSUJI « Les invisibles »
Exposition du 4 au 22 novembre 2026
Vernissage le mercredi 4 novembre · L’artiste sera présent de 17 h à 20 h

Lieu de l’exposition :
La petite galerie, 6 rue de Vauzelles, 69001 Lyon·Métro : Croix-Rousse
Ouverte du mardi au dimanche, de 14 h à 19 h · Fermée le lundi· www.galerie48.fr · contact@galerie48.fr · Instagram : galerie48lyon
Présentation de l’auteure : Mari Katagiri
Fondatrice et directrice de GALERIE 48 Mari Katagiri : Mari Katagiri a créé cette galerie au 48, rue Burdeau, à Lyon, en 2012. Depuis 2023, la galerie fonctionne sans espace permanent et organise, au gré des projets, des expositions dans différents lieux de Lyon, sous la forme d’une galerie nomade.
18e Biennale d’art contemporain de Lyon · Du 19 septembre au 13 décembre 2026

Mari Katagiri

Galeriste