Dans la culture populaire, la figurine de Daruma en papier est devenue une sorte de porte-bonheur pour réaliser un vœu. On l’achète généralement dans un temple ou dans certaines boutiques artisanales. Le Daruma est d’abord sans pupille. On formule un vœu en peignant un seul œil au pinceau.
Voici comment : vous prenez le Daruma, étonnamment léger, vous trempez votre pinceau de l’autre main… et là… il ne faut pas se rater. Dessiner un rond au pinceau n’est pas si facile, il faut se concentrer ! On ne voudrait vraiment pas gâcher le travail de l’artisan qui a fabriqué ce beau Daruma aux couleurs vives.
Tout en peignant, on associe ce geste à un vœu de réussite, à une résolution… puis on le laisse sur une étagère. Voir l’œil unique de cette figure incomplète nous rappelle notre intention première. Le fait qu’il se relève nous enseigne la persévérance. Si la résolution est accomplie, l’examen réussi, on peint l’autre œil, l’esprit plein de gratitude. On peut ensuite l’emmener au temple à la saison du Nouvel An pour le brûler : ne pas s’attacher à cet objet dans lequel on a insufflé une force, en quelque sorte!
La figure du Daruma apparaît d’ailleurs dans d’autres domaines de la culture populaire. Par exemple, le jeu d’enfant « Un, deux, trois, soleil » se dit « Darumasan ga koronda » : « Le Daruma a trébuché ! ». Il existe aussi le jeu d’adresse Daruma Otoshi, où il s’agit de frapper rapidement avec un petit marteau en bois des pièces rondes empilées, sans faire tomber la plus haute, qui représente le Daruma. C’est toujours amusant de voir ce Daruma qui regarde vers le haut et ne tombe pas, quoi qu’il arrive. Le terme « Daruma de neige » est également utilisé pour désigner le bonhomme de neige.
Bref, c’est un personnage incontournable de la culture populaire.
Cela dit, il n’est tout de même pas courant de les collectionner comme le fait mon père. Mon père, qui est français, le sait très bien, mais il apprécie l’esprit de cette figure. Dans mon enfance, lorsque nous habitions à Tokyo, les amis japonais qui venaient à la maison étaient toujours amusés de voir ses diverses statuettes. Au fil des années, il en a conservé certaines, d’autres lui ont été offertes.